Tous des hypocrites

hypocrite

Image empruntée au site le-guerrier-interieur.over-blog.com

Si vous avez lu mon article de Bienvenue, vous savez que je travaille dans la fonction publique, plus exactement dans un service formation. C’est-à-dire que je crée des formations avec des prestataires, des formateurs internes ou anime moi-même des formations. J’adore mon métier, mais un peu moins les gens avec qui je travaille.

Avant d’être enceinte, je m’en accommodais, certains de leurs comportements me faisaient même bien rire tellement je les trouvais stupides . Nous nous tirons tous plus ou moins dans les pattes, mais cela restait le plus souvent bon enfant. Tout à changer quand j’ai annoncé ma grossesse en juillet 2011. La réaction de certains fut : « C’est pour quand ? Pas Noël j’espère car je veux prendre les 15 jours de vacances ! » Merci pour cette attitude. Je m’attendais plus à des félicitations de leur part. Qu’ils allaient se réjouir, surtout que c’était mon premier enfant !

Mais cela ne s’arrête pas là. Toujours sur le ton de l’humour (ou pas), certains m’ont dit : « Il te faut tout toi, la maison, le mariage, les concours et maintenant un bébé. Tu t’arrêtes quand ?« . J’avoue ne pas savoir quoi dire. D’ailleurs, je me suis demandée s’il fallait que je le prennes bien ou pas. C’est vrai que la vie me sourie depuis quelques années, mais je provoque ce bonheur et mets toutes mes chances de mon côté pour qu’il ne me quitte pas.

Ce n’est pas tout. Les jours, les semaines, les mois passent. Ma grossesse se déroule bien, mais je sens la fatigue se faire présente. Elle ne quitte presque plus mon quotidien. J’ai beaucoup de travail, peut-être trop. Je cours partout, fait beaucoup d’ouvertures et de fermetures de formation, porte des colis, monte et descend plusieurs fois par jour 3 étages. Bref, je ne ménage pas et mes collègues non plus. A aucun moment, ils ne m’ont demandé si j’avais besoin d’aide, s’ils pouvaient me remplacer pour telle ou telle activité… Parfois, l’un d’entre eux se réveille et me dit sur le ton de l’humour : « Tu ne devrais pas porter cette ramette de papier, vu ton état !! Ha ha !!« . Je dis quoi, je fais quoi ? Je me mets à pleurer maintenant ou j’attends, tellement c’est pathétique ? Sincèrement, je me suis demandé si ce collègue se moquait de moi.

Et voilà, je vois ma gynécologue fin d’année quelques jours avant les vacances de Noël. Elle trouve ma tension un peu haute, mais elle le met sur le compte du stress professionnel. Cependant, elle décide de me donner les 14 jours pathologiques et 2 semaines d’arrêt maladie avant le début de mon congé maternité. Bien sûr, je ne pouvais pas prévoir les 4 semaines d’arrêt. Bien sûr, c’est tombé sur la période des fêtes de fin d’année. Bien sûr, j’ai eu une grossesse qui allait bien jusqu’au moment où j’ai rencontré mon gynécologue. Mais pour certains, c’était trop. Je n’ai jamais dit à Chéri-chéri que j’avais reçu un courriel, incendiaire presque insultants de certains de mes collègues me disant que je gâchais leurs fêtes car ils ne pouvaient pas prendre leur congé comme ils le souhaitaient puisque qu’ils devaient se répartir mes activités. Que j’aurais pu les prévenir avant afin qu’ils puissent s’organiser au mieux. Cependant, à aucun moment, on m’a demandé si j’allais bien, pourquoi j’étais arrêtée 4 semaines…

Voilà, ce que j’avais envie de leur dire :

  • Eh oui, messieurs dames, je suis enceinte.
  • Eh oui, messieurs dames, j’ai commencé à faire de la tension (les débuts de la pré-éclampsie sûrement).
  • Eh oui, messieurs dames, vous ne m’avez pas épargnée pendant ses longs mois de travail.
  • Eh oui, messieurs dames, être enceinte n’est pas une maladie, mais « habiter » la vie, c’est épuisant.
  • Eh oui, messieurs dames, vous ne m’avez jamais demandé si j’avais besoin d’aide ou si j’allais bien.
  • Eh oui, messieurs dames, je n’allais surtout pas m’excuser de devenir maman.
  • Eh oui, messieurs dames, vous avez été jeunes parents vous aussi, vous semblez l’avoir oublié.
  • Eh oui, messieurs dames, vous êtes pathétiques avec vos réflexions à deux balles.
  • Eh oui, messieurs dames, vous m’avez pourri ma fin de grossesse.
  • Eh oui, messieurs dames, je suis rancunière et maintenant je vous le rends bien.

Bref, j’ai des collègues adorables, n’est-ce pas !?! Et si j’en faisais un second, ils le vivront comment ? Est-ce que cela sera pire ?

Et vous, comment s’est passé vos relations avec vos collègues lors de votre(vos) grossesse(s) ?

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2 réflexions sur “Tous des hypocrites

  1. J’ai eu plus de chances que toi. Mes collègues sont pas malins mais ils savent qu’une femme enceinte ne peut pas tout faire comme avant, que les arrêts ça se commande pas.
    En cas de 2e grossesse, je te conseillerai de ne penser qu’à toi et ton bébé. De toute façon, tu l’as bien vu, ils ne pensent qu’à eux, donc quoi que tu fasses, ça sera mal.

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